Est-ce que l’économie de la culture contribue à la croissance ?

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Quand les économistes exposent les conditions favorables à une croissance économique, l’impact de la culture est rarement évoquée. C’est sans doute pour cette raison que ce secteur est le premier levier négligé par l’État quand il s’agit d’injecter des liquidités dans l’économie pour relancer l’activité économique par l’offre. Pourtant, nous verrons que l’investissement et la consommation liés au secteur de la culture, et notamment celui de la musique, contribue grandement à l’activité économique.

Le monde de la musique fait-il tourner l’économie ?

La balance commerciale entre dans le calcul de la croissance économique. Cet indice correspond à la différence entre le volume d’exportations et le volume d’importations. Dans le secteur de la musique, seules les œuvres françaises qui s’exportent à l’étranger ont vocation à améliorer cet indice dans l’économie de la musique. C’est le cas avec des artistes comme Jain, Alizée, Stromae, Christine and the Queens ou encore Maître Gims. Encore faut-il que ces chanteurs soient produits par des sociétés indépendantes des grands labels multinationaux et multicanaux comme Sony ou Universal ? On voit que la balance commerciale n’est pas la meilleure piste pour relancer la croissance économique au travers de l’économie de la musique.

Les dépenses de consommation

Quand on évalue le potentiel économique d’un événement culturel, par exemple un concert ou un festival de musique, on a tendance à envisager les bénéfices directs, c’est-à-dire uniquement le chiffre d’affaires liés à la manifestation proprement dite : la vente des entrées, l’achat des produits annexes (boissons, repas, tee-shirt à l’effigie du groupe de musique, albums de l’artiste), la contribution des sponsors (télévision, stations de radios…). Mais les retombées financières sont toujours beaucoup plus larges. Si une salle de concert reçoit un groupe de musique, tous les commerces aux alentours vont bénéficier de l’affluence du public dans le quartier, que ce soit les restaurants, les bars et tous lieux commerciaux ouverts le soir, voire la nuit. De la même manière, un village qui accueille un festival de musique va voir sa population augmenter de manière exceptionnelle pendant toute la durée des festivités. Et ces visiteurs sont autant de consommateurs pour les petits commerces qui vont par leur dépenses de consommation soutenir la croissance économique du pays.

Les investissements privés et publics

Voilà pourquoi les entreprises et les structures publics investissent des sommes considérables dans le domaine de la musique car elles considèrent davantage les profits indirects que les rentrées d’argent immédiates. Quand un sponsor paie pour que son logo apparaisse dans une salle de concert ou dans un festival, cela constituera pour lui un regain de visibilité et de notoriété. Quand une ville organise un festival musical, si elle permet, comme nous l’avons vu précédemment, de faire tourner ses commerces locaux, la municipalité va se faire connaître, renforcer son rayonnement culturel dans son département et peut-être sa région et fidéliser ses visiteurs. Il en est de même pour les autres collectivités territoriales quand une structure public d’enseignement musical ne sont pas financés par une commune (CRC : conservatoire à rayonnement communal), mais par une intercommunalité (CRI : conservatoire à rayonnement intercommunal), un département (CRD : conservatoire à rayonnement départemental) ou une région (CRR : conservatoire à rayonnement régional). Ces investissements privés et publics vont apporter leur pierre à la croissance économique.

Les dépenses de l’État

Pour finir, les dépenses gouvernementales à destination du monde de la musique sont en baisse en France depuis plusieurs décennies suite à un désengagement progressive de l’État dans le financement de la culture et une décentralisation à marche forcée.

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